Il était une fois, un petit bonhomme, enfermé dans le bocal douillet de la routine confortable au fond d'un bureau terne d'une administration de province. Un jour le petit bonhomme décide que, décidément, c'est pas ça qu'il a choisi de faire dans la vie. Il se dit que la vie n'est sûrement pas faite pour enfermer les gens dans un bocal...
Alors, il décide de changer de métier. Il se dit que ça fait un peu niais et mièvre, mais que ce qu'il veut faire c'est être utile, soigner, consoler, écouter...
En bref : être infirmier.
Ce site raconte son histoire...

samedi 24 décembre 2011

Joyeux Noël !!

Joyeux Noël

Bon, on y est... C'est la période de la surconsommation, du repli sur la famille, de l'oubli des autres...
La période où les associations ont le plus de mal à mobiliser...

Les médias font tout leur possible pour nous envoyer acheter de la dinde, du foie gras et des cadeaux tous plus futiles les uns que les autres... Curieusement, la fameuse "crise" est en sourdine... Tout d'un coup, la préoccupation principale est de consommer, et tout d'un coup, le budget n'est plus vraiment un problème.
Amusant... Enfin, non, d'ailleurs, pas vraiment. Pitoyable plutôt...

Alors de mon côté, je vous souhaite un joyeux Noël. Frugal si possible. Essayez d'avoir un toute petite pensée pour ceux qui n'ont rien. Ils ne sont pas forcément à l'autre bout du monde... Je sais, ça fait très "donneur de leçon" mais après tout les médias en donnent eux aussi : "achetez du foie gras", "consommez", "achetez de la dinde", "achetez, achetez, achetez..." et vous les écoutez. Alors pourquoi pas moi, hein ?

Bon, je sais bien que certains attendent des rentrées d'argent (bourse qui tarde à arriver ou autre indemnité) pour pouvoir surconsommer mais je suis sûr que même en consommant normalement, ils passeront un réveillon largement plus opulent que la majorité des autres habitants de la planète... Et puis quand on les voit consommer plus d'un paquet de cigarette par jour tout en pianotant sur leur iPhone, on peut se demander où est le réel besoin...

Bref ! Je vais arrêter de ronchonner pour quelques heures et me joindre à la grand messe du capitalisme...
Et Joyeux Noël, encore un fois...

lundi 21 novembre 2011

Des hauts et des bas...

Un peu de nouvelles...
Ouais, je sais, j'ai rien écrit depuis un bon moment. Je ne compte pas le dernier billet, qui n'en est pas vraiment un et qui était déjà rédigé (merci pour les compliments, au fait... ). Mais bon, j'ai été pas mal occupé, figurez vous.

Sans entrer dans les détails croustillants de ma vie personnelle (dont tout le monde se fout, j'imagine), je dirai simplement qu'en ce moment, je suis émotionnellement et psychiquement très occupé. Ma petite psychothérapie perso (faite à la main...) poursuit sa progression tranquillement, mais je ne suis pas persuadé que ce soit dans le bon sens (ce qui me vaut des insomnies d'enfer !). Difficile à dire. Il me faudrait un regard extérieur, sûrement, mais j'ai toujours eu peur des psychiatres. Enfin, pas de la fonction ou du personnage, mais plutôt de ce qu'il pourrait m'emmener à découvrir sur moi même. Je suis pas sûr de vouloir savoir, en fait. Et puis à force de jouer le mec "équilibré" et "super bien dans ses baskets" (si si, je l'ai entendu), et ben tout le monde se fout bien que je puisses avoir des états d'âmes... Donc, pas de regard extérieur. M'enfin bon. Ca suffit comme ça l'apitoiement, c'est pas ça que j'étais venu raconter aujourd'hui.

Donc, je disais que ça faisait un moment que j'étais pas venu faire un tour par ici. Ca sent un peu le renfermé et le moisi alors on va ouvrir les fenêtres en grand et mettre un peu d'ordre.

IFSI
Pour en revenir à la formation, nous avons commencé l'année avec une semaine de cours seulement. Ensuite, "Dehors ! Allez donc faire un tour en stage pour voir s'il fait meilleur ! Nous, on a des trucs à faire !". Bon c'est vrai que l'IFSI a toujours fort à faire en cette période de l'année. Surtout cette année où les derniers étudiants de l'ancienne formation (ben quoi, on peut l'appeler comme ça, maintenant, non ?) sortent du système. Du coup les lieux de stages étaient bien chargés (pour les dernières MSP et stages pré pro) et les formateurs aussi. Et du coup, tout le monde va mieux si on est pas dans leurs pattes.
Nous voilà donc en stage pendant 4 semaines (jusqu'au 10 octobre). Moi, j'étais dans une clinique en chirurgie ambulatoire. C'est une approche différente de ce qu'on voit habituellement dans les services. Ici, le patient arrive généralement en bonne santé, il se fait opérer d'un truc bénin et il repart sur ses deux pieds en fin de journée. Donc le projet de soin, machin tout ça... j'ai trouvé ça un peu limité. Surtout que, en général, le peu de temps qu'ils passent dans le service, ils n'ont pas envie de le passer avec une blouse blanche... Bon. Maintenant, c'est peut-être moi qui ne sait pas m'y prendre avec ces gens là... C'est même fort probable. Toujours est il que c'est sympa, c'est tranquille et c'est très tranquille. Trop.

Mi octobre, on reprend les cours. Ouaiiiss ! Processus tumoraux, processus psychopathologiques, soins palliatifs, fin de vie, médicaments en cancérologie... Ouaisss !! Grosse rigolades en perspectives. Et effectivement on s'est bien marrés !
Non, j'déconne !!!
Heureusement certains cours étaient très intéressants et très vivants. Par ce que le sujet, lui est moins folichon. C'est pas fini, d'ailleurs. Ce matin on a eu notre évaluation de l'UE 2.11, la pharmacologie. Essentiellement tourné vers la cancérologie, comme tout ce semestre. Je ne sais pas si c'est tout ça qui m'a miné le moral ou tout le reste dont je ne dirai rien... N'empêche. Le cancer, c'est pas marrant.
Bon. L'autre sujet important de ce début d'année, c'est le fameux, le très attendu, le... ? Le ... ? Le... ? (je vous fais pas le roulements de tambour, mais le coeur y est)...

Le mémoire, bien sûr (c'est le petit gros dans le fond qui gagne baril de lessive et une clef de douze).
Oui. Le mémoire. Le fameux mémoire sur lequel je me creuse la tête depuis avant de passer le concours pour la première fois (ça nous rajeunit bien, ça, tiens !). Bon. Ben voilà, quoi. C'est un mémoire. La forme finale a été un peu reliftée avec la nouvelle réforme, mais il est là.
Comme beaucoup énormément tous les autres étudiants, j'ai passé des nuits blanches à me demander quel pourrait bien être mon sujet. Alors, je vais être sympa et je vais vous livrer quelques un des sujets que j'avais en tête :
    - Les patients au cœur de l'éducation thérapeutique : ils connaissent leur maladie mieux que les soignants
    - Prise en charge des SDF aux urgences
    - Prise en charge d'une personne choquée ou réaction face à un évènement imprévu et CAT
    - La recherche IDE en France
    - Variation des pratiques dans les soins
    - Prise en charge psychologique des victimes de la mer
    - Respect de la législation par rapport aux prescriptions médicales
    - CAT du personnel soignant en cas de catastrophe naturelle
    - Infirmier Sapeur Pompier
    - Prévention du diabète
    - Prise en charge des parents d'une personne atteinte de schizophrénie
    - Le créole comme outils thérapeutique en Martinique
    - Présence d'une IDE auprès des médecins en ville
    - Infirmier homme parmi les femmes
    - Rechute des patients schizophrènes
    - Problème de plannification des soins dans les services (outils ?)
    - Facteurs de stress et influences sur les pratiques professionnelles (ambiance de travail, etc.)
    - Le 15ième besoin de V. Henderson : le besoin de sexualité.
    - Soins et développement durable
    - Agressivité aux urgences induite par les soignants
    - Attitudes, et savoir être en urgence
    - Problématique du transport en urgence
    - Petits actes de maltraitance au quotidien
    - Consultation d'annonce : le rôle infirmier
    - Stress des personnels infirmiers
    - L'efficacité croissante des traitements (VIH, K) n'entraine t-elle pas l'augmentation des comportements à risque des public cibles ? Role infirmier ?
    - Les émotions et sentiments personnels des IDE dans le soins quotidiens

Dans le lot, il y a mon sujet... Devinez.

Stages
Puisque je vous ai parlé des stages, je vous sens suspendu à mon clavier pour savoir : "Mais où c'est il donc qu'il va aller en stage cette année, le Peewaï ?"... Non ?... Bon, tant pis, je vous le dis quand même.
Vous avez bien noté, si vous avez lu le début de ce billet, que j'étais en stage en clinique en chirurgie ambulatoire en septembre. Le stage dans cette clinique se poursuivra encore pour 6 semaines en décembre et janvier (entrecoupées de 2 semaines de congés à Noël). Toujours dans cette clinique, mais dans d'autres services, cette fois ci. Je vais essayer d'obtenir la chirurgie viscérale, ce serait idéal pour les actes qu'il me reste à valider.
Ensuite, en mars, nous avons un stage de 5 semaine. Je serai dans un service de réanimation. Et enfin, en mai et juin, dernier stage aux Urgences... Enfin, je vais voir à quoi ça ressemble. Enfin, j'aurai vu avant par ce que pour d'autres projets, j'aurai besoin d'aller y passer un moment (Mais vous en saurez plus en temps et en heure...). J'espère que ça me plaira.

Et à part ça ?
Le mémoire, un travail sur le projet professionnel, un autre sur un rôle infirmier, des dossiers à rendre, des oraux à préparer (qui nous aideront à préparer le "grand" oral final du mémoire)... Plein de boulot à faire à la maison. Beaucoup d'énergie. Tout va dans le même sens : nous préparer au mémoire. Quasiment tout le dernier semestre est consacré à ça et on en attaque déjà des morceaux pendant ce cinquième semestre.
A part ça, comme je trouve mon emploi du temps un brin aéré (et oui, l'IFSI me laisse du temps libre, que j'occupe déjà pour ma petite famille, pour les Sauveteurs en Mer, pour faire du badminton, de la voile et pour écrire), je me suis inscrit comme bénévole à la Protection Civile. Ce sont des actions différentes de celles auxquelles je participe avec les Sauveteurs en Mer, mais qui sont tout aussi intéressantes. Peut-être un peu plus proche du métier d'infirmier. Et puis ça fait toujours une expérience en plus !!

La vie est trop courte !! Il faut en profiter !

samedi 15 octobre 2011

Extrait...

15 mars 2010

Il était déjà venu dans cette clinique. Il se souvenait vaguement que le bureau d’accueil n’était pas tout à fait comme ça, à l’époque. Il traversa le hall en souriant à l’hôtesse d’accueil et se dirigea vers les ascenseurs. Il y avait moins d’animation en ce début d’après midi que le matin. Lorsque l’ascenseur s’ouvrit, il était vide. Jeremy monta dans la cabine et appuya sur le bouton « -1 ». Il se souvenait que les vestiaires étaient aux sous sols. Inconsciemment, il se mit à siffloter en attendant que l’ascenseur arrive à l’étage en dessous. A peine quelques secondes plus tard, Jeremy ressentit la décélération à l’instant où il entendit la faible sonnette ressemblant à un petit « Ding » de micro-ondes.
 
Lorsque les portes de la cabine glissèrent sur leurs rails, Jeremy ressentit une grande satisfaction. La bouffée de chaleur humide à l’odeur de lessive qui lui envahit les narines lui rappela instantanément la buanderie de son enfance, lorsqu’il venait se blottir contre le linge propre encore chaud que sa mère repassait. Cela le fit rire.
Il hésita une seconde, en sortant de la cabine, sur la direction à prendre. Mais ses souvenirs étaient de plus en plus vifs. Il prit à gauche et remontant le couloir, il aperçut le panonceau indiquant la direction des vestiaires des hommes.
Il croisa un homme vêtu d’une blouse blanche en entrant dans le vestiaire. Il chercha rapidement le casier portant l’étiquette « Stagiaire » et perdit son sourire en ne le trouvant pas. Il actionna la poignée de la porte du seul casier sans étiquette et poussa un grognement de satisfaction en découvrant qu’il contenait une blouse et un pantalon propre.
Moins de trois minutes plus tard, il ressortait du vestiaire, toujours souriant. Il avait rangé ses affaires dans le casier, mis un stylo à sa poche de poitrine et son petit matériel dans la poche droite de sa blouse. Il ressemblait à n’importe quel soignant de la clinique…
Il remonta dans l’ascenseur et regarda sa montre. 14h12. Parfait. Il était à l’heure.
Cinq niveaux plus haut, il ressorti de la cabine en sifflotant. Pourquoi fallait-il qu’il sifflote à chaque fois qu’il était dans un ascenseur ? Il se promit d’y faire attention et d’avoir un meilleur contrôle sur lui-même.

Couloir de gauche, secrétariat vide, salle d’attente. Jérémy suivait l’itinéraire qui le menait jusqu’à la chambre de la patiente qu’il venait voir. Le couloir du service était vide. A cette heure ci, les soignants étaient occupés à se transmettre les informations de chaque patient entre l’équipe du matin et l’équipe de l’après-midi. Ils étaient tous dans le bureau des infirmières. D’ailleurs, Jérémy entendit le rire d’un homme s’échapper du bureau.

Chambre 412. La porte était ouverte. La patiente regardait la télé.
— Bonjour ! dit Jérémy en souriant. Je suis l’infirmier de l’après-midi. Comment allez-vous aujourd’hui ?
— Ca va très bien, merci. Répondit la patiente surprise de cette intrusion, inhabituelle à cette heure.
— Je vais vous faire une injection, dit Jérémy.
Il posa sur l’adaptable le trocart, la seringue de 20 ml et les deux ampoules qu’il avait sorties de sa poche.
— Ha bon ? Et qu’est-ce que c’est ?
— Un relaxant musculaire. Vous êtes tendue, en ce moment, non ?
— Pas spécialement… répondit la patiente.
Elle se désintéressa de ce que faisait l’infirmier et tourna la tête vers le téléviseur.

Les gestes de Jérémy étaient sûrs. Il se souvint que la première fois, il avait tremblé au point de faire tomber l’ampoule. Elle s’était cassée. Ca avait failli poser un gros problème. Heureusement, il avait pu trouver une autre ampoule dans le service assez facilement. C’est pour ça qu’aujourd’hui il avait pris la précaution de prendre deux ampoules. Au cas où.

Il ne prit pas la peine d’aller fermer la porte. Il se sentait sûr de lui. Il adapta le trocart sur la seringue et cassa la tête de l’ampoule. Il aspira les 10 ml contenus dans l’ampoule avec sa seringue et se prépara à chasser l’air de la seringue. Il avisa la seconde ampoule posée sur la tablette et se demanda ce que ça ferait s’il injectait les deux ampoules… Il joua avec cette idée quelques secondes et se décida. Il cassa la tête de la deuxième ampoule et en aspira également le contenu dans sa seringue.
Il jeta un regard vers sa patiente. Elle avait toujours les yeux rivés sur la télé. Elle ne s’occupait pas de lui. Typique ! se dit-il. Habillez-vous en blouse blanche dans un hôpital et vous devenez invisible ! Fondu dans la masse. Exactement ce qu’il lui fallait.
Il reporta son attention sur la perfusion qui coulait dans les veines de la patiente, repéra le robinet trois voies et le ferma. Par curiosité, il lut les inscriptions sur le flacon sur lequel était branché le tuyau de la perfusion. « Paracétamol, 1G ». Ca n’évoquait rien pour lui.

Il se concentra sur son geste. Il ne fallait pas qu’il se pique. Ca ne risquait sûrement pas grand-chose, mais il n’aimait pas les piqûres.
Il se pencha en avant, prit la tubulure de la perfusion, près du bras de la patiente, entre le pouce et l’index de sa main gauche et utilisa sa main droite pour enfoncer le bout de son aiguille dedans. Il fit attention de ne pas trop enfoncer l’aiguille et de ne pas traverser la tubulure de part en part. Puis il se redressa, sourit et enfonça le piston de la seringue. La résistance fut plus importante que celle à laquelle il s’attendait. Il appuya plus fort.
— Aïe ! Ca fait mal ! lui dit la patiente en tournant la tête de son côté en fronçant les sourcils.
— Ca ne sera pas long, répondit Jérémy avec un sourire sadique.

Il avait injecté les deux tiers de la seringue quand la patiente eu un premier soubresaut. A peine une seconde après, elle eut une sorte de râle crispé. Le piston était arrivé au fond de la seringue et Jérémy avait retiré l’aiguille. La patiente se mit à trembler de tous ses membres en se raidissant. Elle semblait essayer d’attraper la perfusion mais ses mouvements étaient complètement saccadés et sans aucune coordination. Ses yeux écarquillés étaient fixés sur Jérémy qui était en train de ramasser tranquillement les deux ampoules vides, la seringue, l’aiguille recapuchonnée et les emballages en plastique. Elle voulait hurler sa douleur mais aucun son ne sortait plus de sa bouche. Elle ne parvenait plus à remplir se poumons d’air. Ses jambes se raidirent, ses bras se plaquèrent contre le matelas, sa tête s’enfonça en un grand coup en arrière dans l’oreiller. Elle se cambra violemment au moment où son cœur s’arrêta.

En reprenant l’ascenseur, Jérémy réussit à ne pas siffloter. Il était content. Il avait réussi à contrôler sa pulsion. Il était aussi content d’avoir accompli sa mission. Il avait mieux réussi que la première fois. Cela voulait dire qu’il progressait. Il aimait progresser.
Il se changea tranquillement en pensant à ce qu’il allait faire de son après-midi. Il fallait qu’il appelle le Patron pour lui dire que c’était fait, mais il ne pouvait pas l’appeler avant 20h. Il avait du temps. Il plia proprement la tenue qu’il avait empruntée et la rangea dans le placard. Avant de sortir de la clinique, il fit un sourire charmeur à l’hôtesse d’accueil, tout en jetant dans la poubelle du hall, la seringue et l’aiguille ainsi que les deux ampoules de chlorure de potassium à 20%.

Au quatrième niveau, les transmissions étaient terminées. L’infirmière de service cet après-midi sortit du bureau avec ses collègues. Elle se dirigea vers le fond du couloir pour saluer les patients et s’assurer que tout allait bien.
En passant rapidement devant la chambre 412, elle jeta un œil distraitement sur la patiente. La télé était allumée mais la patiente regardait fixement vers la porte avec les yeux exorbités et la bouche entre ouverte. L’infirmière trouva ça bizarre et fit demi-tour. Elle entra dans la chambre en inondant la pièce de sa bonne humeur habituelle.
— Bonjour Madame, je suis Sophie, l’infirmière de l’après-midi. Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?
La patiente n’eut aucune réaction. Sophie posa sa main sur celle de la patiente, à la fois pour établir un contact direct, pour manifester son empathie et pour évaluer sa température corporelle.
— Il y a quelque chose qui ne va pas ? demanda-t-elle en fronçant les sourcils et en cherchant le pouls au poignet de la patiente.
Ne trouvant pas le pouls au poignet, elle le chercha sur la carotide. Toujours rien. Elle se pencha et mis son oreille prés de la bouche de la patiente à la recherche d’une respiration. Elle compta dix secondes avant de se redresser en hurlant :
— Hervé ! Eric ! Nathalie ! J’ai besoin d’aide ! Vite !!
Déjà, elle dégageait l’adaptable et les abords du lit. Quinze secondes plus tard, Eric, un infirmier, puissant gaillard d’un mètre quatre-vingt-treize, fit irruption en courant dans la chambre. Puis ce fut le tour de Nathalie, une aide soignante chétive mais toujours dynamique.

Hervé, le second aide soignant de l’après-midi, arriva dans la chambre alors que Sophie avait déjà entamé la RCP après avoir mis la patiente par terre avec l’aide d’Eric.
— Hervé ! Appelle Lemaisre ! Dis-lui de venir tout de suite ! Cria Sophie.
Hervé repartit dans l’autre sens en courant. Il se précipita dans le bureau des infirmières et chercha sur le bureau le calepin du service.
Il trouva la ligne qu’il cherchait et composa le numéro du bureau du Dr Lemaisre. Pas de réponse.
— Allez ! Décroche ! S’énerva Hervé.
Au bout de quarante secondes d’attente, il raccrocha sans lâcher le combiné et composa le numéro du portable de médecin.
— Docteur Lemaisre, j’écoute ?
Le médecin avait décroché à la première sonnerie.
Hervé prit une seconde, avala sa salive et dit :
— Docteur, c’est Hervé, au quatrième. Il faut venir tout de suite. Il y a un problème avec votre femme.

mardi 6 septembre 2011

Démographie médicale et paramédicale aux Antilles et en Guyane

Un récent rapport vient d'être publié sur le site du ministère de la santé, dans lequel il est fait mention (entre autre) de la démographie médicale et paramédicale aux Antilles et en Guyane.
Je vous laisse le soin de découvrir ces documents par vous même. Je met juste l'accent sur la démographie des infirmiers aux Antilles. D'après les chiffres de 2006 (issus du répertoire ADELI), il y aurait 144 infirmiers pour 100000 habitants dans les départements Français des Antilles contre 104 pour 100000 habitants en Métropole.

Il me revient le souvenir de l'année dernière, lors de la "Grand Messe" de rentrée de l'IFSI, lorsque le président du conseil général nous exhortait à rester travailler en Martinique après l'obtention de notre diplôme. Je suis curieux de savoir ce que va dire le nouveau président du conseil général cette année lors de la réunion de rentrée de jeudi prochain et s'il connait ces chiffres...

Cela dit, ça ne veux pas dire qu'il n'y a pas un manque de personnel infirmier... Je ne connais pas les chiffres spécifiques de la Martinique.

Le début de la fin...

Rentrée...
Lundi 5 septembre, la rentrée en troisième année à l'IFSI de Fort-de-France. J'y étais !
Tout d'abord, présentation de la nouvelle directrice de l'IFSI, puis présentation de la nouvelle équipe pédagogique et un tour de la salle pour que chacun énonce au minimum ses noms et prénoms.
Cette année, on est 90. Quinze nouveaux étudiants nous ont rejoins suite à report ou redoublement, trois étudiants nous ont quittés pour report ou redoublement. Nous voilà donc 90. Une grosse promo, il me semble.

Demandez le programme !!
Le projet pédagogique de l'année nous a ensuite été présenté, en particulier le semestre 6 qui va être atypique puis-qu’essentiellement composé de stages (15 semaines...) et résolument tourné vers le mémoire.
Plusieurs nouveautés nous ont été présentées relatives aux nouveaux textes parus cet été.

Changement d'horaire...
Une nouveauté importante à mes yeux, c'est la possibilité que nous auront, en troisième année, de pratiquer les mêmes horaires que dans les services (y compris les nuits, selon l'encadrement disponible), ce qui nous permettra, je l'espère, d'avoir un meilleur suivi avec notre tuteur de stage. Accessoirement, ça devrait rendre les stages un peu moins fatiguant. Plutôt que de travailler 5 jours d'affilés, on pourra fonctionner en 3/2 ou 4/2, comme le font les agents dans les services. Reste à savoir si l'encadrement des lieux de stage acceptera de nous faire tourner sur ce principe là. A nous d'être convaincants.

Stage optionnel...
Alors, là, je vous arrête tout de suite. Ca n'est pas le stage qui est optionnel... Le stage est obligatoire. En revanche, il nous est offert la possibilité de faire un vœux concernant le lieux de ce stage. Évidemment, ça ne veux pas dire que notre demande sera acceptée. Cela dépend de pas mal de paramètres qui sont difficilement conciliables. Néanmoins, on peut demander un service particulier...
Bien entendu, j'ai demandé les urgences (c'est quand même pour ça que j'ai choisi d'être infirmier, au départ...), mais il semble que je ne soit pas le seul... Alors je croise les doigts bien fort...

Bonnes résolutions...
Concernant ce blog, et en conséquences des commentaires ou des mails plus ou moins polis qui m'ont été adressés (où l'on me considère comme intolérant, prétentieux ou hautain ou que sais-je... et je passe sur les propos racistes qui sont immédiatement effacés), j'ai pris la décision de ne plus dire du mal de la promo et ainsi de jouer les hypocrites, comme certains étudiants... (Ha, ben c'est parti tout seul... Promis, c'était la dernière fois...). Ainsi, je vous raconterai mes impressions générales, probablement des anecdotes, et des infos... Je ne promet pas de ne pas faire d'ironie, je trouve ça tellement plus croustillant...
C'est de l'auto censure, c'est vrai. Mais je n'aime pas perdre du temps à expliquer mon point de vue à des gens qui ne veulent pas essayer de le comprendre ou simplement l'accepter comme différent du leur. Comme disait Frédéric Dard : "Le con ne perd jamais son temps, il perd celui des autres". Et le meilleur moyen d'éviter les débats stériles, c'est déjà de ne pas les susciter. Donc rideau sur la promo.

A part ça ?
A part ça, ça va. Mon roman avance doucement. Déjà trois morts dans les deux premiers chapitres. C'est très amusant de jouer avec ses propres marionnettes ;-)

mardi 9 août 2011

C'est officiel...

Ca y est !

La réforme de la réforme est parue officiellement au journal officiel.

Pour ceux qui n'auraient pas suivis, la formation en soins infirmiers était régie, depuis la rentrée 2009 par un arrêté datant du 31 juillet 2009.

Un nouvel arrêté du 2 août 2011 vient modifier le précédent, apportant ainsi des retouches à la formation et surtout aux règles de passage d'une année à l'autre ou aux règles de validation des compétences.

Pour vous éviter de faire la navette entre les deux textes pour comprendre ce qui a changé, je vous livre la version finale, intégrale, modifications incluses.

lundi 13 juin 2011

Enjeu 2012


J'ignore l'origine de ce visuel que j'ai outrageusement pompé sur le blog de Yann.
Faisons tourner...

vendredi 6 mai 2011

Un silence assourdissant...

Incroyable...
Je découvre, à l'occasion d'un compte rendu de réunion des délégués de la promo avec la direction de l'IFSI,  qu'il existe un projet de modification de l'arrêté du 31 juillet 2009, celui là même qui fixe les règles du jeu de la réforme de la formation...

Alors que cette réforme a été tant débattue, tant décriée, tant critiquée et tant défendue... Alors que cette réforme a mis tant d'année à naitre avec des discussions à tous les niveaux, depuis les couloirs de l'Assemblée Nationale jusqu'à la machine à café des CHU en passant par le distributeur de Coca des IFSI... Voilà qu'un projet de modification est cogité en douce !
Ben oui ! Moi, j'appelle ça en douce !
Vous saviez qu'un projet avait été rédigé et qu'une réunion de consultation avait eu lieue le 3 mai dernier (il y a 3 jours, donc...) entre l'HCPP (Haut Conseil des Professions Paramédicales) et des associations d'IFSI ?
Et ben moi qui passe du temps à me tenir informé sur la profession et qui participe à un certain nombre de forums sur l'évolution de la formation, j'étais passé à côté de ça... Et vous n'aurez qu'à faire un petite recherche sur votre ami Google pour vous rendre compte que ce sujet est extrêmement confidentiel... c'est le moins qu'on puisse dire...

Et alors ?
Alors comme je suis un garçon têtu, j'ai fini par trouver, bien caché au fond d'un serveur du CEFIEC auquel je ne suis sûrement pas supposé accéder (mais bon... ils n'ont qu'a se protéger un peu mieux, aussi...), le texte officiel du projet de modification. Certains points sont sans grandes conséquences sur la formation (du genre : "Au deuxième alinéa, les mots « Il consiste » sont remplacés par les mots « Elle consiste »."). En revanche, d'autres points me semblent importants et mériteraient d'être débattus à grande échelle, ne serait-ce que pour que les intéressés eux-même soient au courant (les étudiants, poil au dents...).
Je vous engage à en prendre connaissance, vous vous ferez une idée précise en lisant le document complet.

Ca donne quoi ?
« Le passage de deuxième année en troisième année s'effectue par la validation des semestres 1, 2, 3 et 4 ou par la validation des semestres 1 et 2 et d'un des deux semestres 3 et 4 ou encore par la validation de 108 crédits minimum répartis sur les semestres 1, 2, 3 et 4. [...] »
La réforme qui a conduit à la formation telle qu'elle est dispensée aujourd'hui s'appuie sur des évolutions et sur un cadrage universitaire. Malheureusement (pour les étudiants, poil au dents), elle est assez mal vécu dans les services par les "anciennes IDE"... En grande partie à cause de la disparition des MSP. Il est beaucoup dit que cette nouvelle formule de formation va faire des infirmières moins bonnes... (hum !). Je ne suis pas d'accord avec cette hypothèse, mais là n'est pas la question. Avec cette nouvelle mouture de la formation (appelons la : version 2011), il est à craindre que l'image de la formation soit encore plus vue comme une formation au rabais...

Mais aussi...
En revanche, on trouve aussi : « Les étudiants autorisés à redoubler en ayant validé les crédits correspondants aux stages effectuent un stage complémentaire dont les modalités sont présentées au conseil pédagogique. »
Ceci me semble important et indispensable car la formule actuelle signifie passer un an de redoublement sans aucun stage... Pas terrible.

Ce qui me gène le plus dans tout ça, c'est le silence qui entoure ce projet de modification... J'aime pas ce genre de silence... Ca me donne l'impression qu'on essaie de m'entuber...

mercredi 20 avril 2011

Bizarre

Aujourd'hui, nous avons eu notre dernière évaluation sur table du semestre 4... Et c'était aussi notre dernière journée où tout la promo est réunie... Au mois d'avril, ça fait bizarre...
On ne va plus voir les copines de promo, les formatrices...avant le mois de septembre !! Dans 5 mois et demi, presque...

Nous sommes en vacances jusqu'au 2 mai, date à laquelle nous attaquons notre second et dernier stage de l'année, jusqu'au 8 juillet.

Deux mois de stage, ça va décoiffer !! Surtout que nous avons du boulot. En dehors des habituelles analyses de pratique à réaliser, des compétences à valider, des soins à apprendre, nous aurons aussi trois évaluations à préparer. Celles ci se passeront sur les lieux de stage (pour les UE 3.5 et 5.4) et en TP à l'IFSI pour l'UE 4.4.S4 sur les transfusions sanguines.

Personnellement, je serai dans un service d'hématologie. Donc, à priori, au programme : HIV, ATL (Adult T-cell leukemia/lymphoma), Leucémie, HTLV-1, Myélodysplasie, etc. Et donc: transfusions, chambres implantables... Plein de trucs à voir et à faire... Je ne vais pas m'ennuyer. Attention aux AES !!

A part ça, on a passé la mi parcours de la formation. Encore un an et demi à faire avant de pouvoir nager dans le grand bain... Les résultats du premier semestre de cette année scolaire (S3) sont tombés fin mars. J'ai échappé à la correctionnelle cette fois encore, et j'ai décroché mes 30 ECTS du semestre. Rien n'est joué pour le second semestre. Nous aurons les résultats fin juin.

J'ai eu droit aujourd'hui à mon attestation disant que j'ai validé ma première année et qui me donne l'équivalence Aide Soignant... C'est une bonne chose, je pourrai toujours travailler si j'échoue à la formation Infirmier...

Voilà les dernières infos sur ma formation.

Je suis parallèlement sur un projet d'écriture (fiction dans le milieu médical) et il n'est pas exclu que je publie quelques pages ici même...
Stay tuned !

mardi 12 avril 2011

Enfin !!!

Hé oui !! Enfin un cours dans le silence !!
Bon, il faut admettre une chose : on n'était pas nombreux, cet après midi, en cours de défaillances organiques sur le diabète... En fait, on a commencé le cours à 17 et on a finit à 5... Pour une promo de 79, c'est pas mal...

Ok, je vais remettre les choses dans leur contexte : on termine les cours du semestre 4. On est en période d'évaluation et on a celle de l'UE 2.7 (Défaillances organiques et processus dégénératifs) vendredi prochain. Ajoutez à ça que le cours de cet après midi faisait suite à une évaluation en groupe restreint de l'UE 1.3 (Législation, éthique et déontologie) et n'était pas obligatoire, vous comprendrez (peut-être, par ce que moi pas...) pourquoi le cours a été déserté...

Mais je ne me plaint pas. Bien au contraire. C'est une des premières fois où le cours se déroule comme tout les cours devraient se dérouler : dans le silence, la discipline et le respect de l'intervenant et des étudiants. Au top, quoi... Si tous les cours pouvaient être comme ça...

Un jour, si j'ai le courage, je vous ferai un petit enregistrement du poulailler et une petite mesure au sonomètre (le top du top, c'est entre midi et deux... on dirai un concours de celui qui rira le plus fort...)... Je suis sûr que, par moment, on dépasse les limites imposées par les normes...

jeudi 10 février 2011

Le code ICE dans votre portable...

Vous êtes vous déjà demandé comment faisaient les pompiers, médecins, infirmières ou secouristes lorsqu'ils devaient prendre contact avec les proches d'un victime inconsciente ?
C'est un problème... Il y a la carte d'identité, me direz vous... Certes, mais l'adresse n'y est pas forcément juste et les coordonnées téléphoniques aléatoires pour cause d'éventuelle liste rouge... Sans parler des différences de patronyme entre enfants, parents, époux et épouses... Je ne parle même pas des couples non mariés ou en PACS...
Bref ! C'est pas évident et j'imagine mal un scénario du genre :
- Allo, je suis bien chez Madame Paflechien ?...
- ... Heu... oui... ?
- Voilà. Je suis infirmière aux urgences du CHU de France-de-Fort et je fais tout les Paflechien dans l'annuaire... Non, par ce que on a trouvé un jeune qui s'appelle Sanfroi Paflechien et comme il est mort on cherche quelqu'un de la famille... Allo ... ?...
Bon ben laisses tomber, Gégé... On va le mettre au frigo... Y a bien quelqu'un qui viendra le réclamer un jour ou l'autre...
Non, franchement, pas terrible...
Et bien sûr, tous les pays ont la même problématique.

Aujourd'hui, presque tout le monde a un portable, alors figurez vous que dans les années 2000, Bob Brotchie, un ambulancier anglais, a l'idée de créer un code international de reconnaissance des contacts importants dans le répertoire téléphonique du portable. C'est le code ICE, acronyme de In Case of Emergency, (ou encore ECU : En Cas d'Urgence, en français).

Le principe est simple :
Si la liste d’adresses téléphoniques comporte ICE ou ECU suivi du nom de son parent le plus proche ou d'un contact avec ses coordonnées, celui- ci pourra fournir les renseignements aidant à prendre des décisions ou communiquer avec des proches. La popularité de ce programme s'est répandue dans toute l'Europe et a commencé à croître en Amérique du Nord.
Bob Brotchie a également invité les fabricants à ajouter une rubrique ICE à tous leurs nouveaux téléphones mobiles, ce qui semble commencer à porter ses fruits.

Concrètement comment faire ?
Il suffit d'ajouter ICE devant le nom de la personne à prévenir et les sauveteurs sauront quelle est la personne à contacter. Si vous souhaitez mettre plusieurs contacts, mettez ICE1, ICE2, ICE3...
Evidemment, n'oubliez pas de prévenir les personnes concernées...

Alors que ce système s'est vite généralisé dans les pays anglo saxon et le nord de l'europe, les français raleurs, bougons et réfractaires aux nouvelles idées se sont empressés de souligner les cas où ça ne marche pas : téléphone cassé dans l'accident, répertoire verrouillé par un code, plus de batterie... J'en passe... Du coup, ils disent que c'est nul...

Alors faites comme vous voulez, mais personnellement, je trouve que c'est une bonne idée, ça ne coute rien de le faire et ça peut vous sauver la vie...

Maintenant, j'ai 3 ICE dans mon portable.

mercredi 9 février 2011

Chlordécone... Ca se précise... encore.

Le bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publié par l'InVS (Institut de Veille Sanitaire) est paru hier. Il est consultable dans son intégralité ici.

Cette semaine, il est composé d'une série d'articles formant une enquête épidémiologique complète au sujet du chlordécone en Martinique (mais aussi en Guadeloupe) et de son éventuel impact sur la santé.

Rappelons tout d'abord que le chlordécone est un pesticide organochloré de la famille des DDT qui a été utilisé pendant longtemps dans l'agriculture Martiniquaise (entre autre) pour lutter principalement contre le charançon de la banane. Le chlordécone a été interdit aux Etats-Unis dès 1976. Il a fallu attendre 1990 pour qu'il soit interdit en France métropolitaine et enfin 1993 pour les Antilles Françaises (Guadeloupe et Martinique). C'est un débat houleux et une source de ressentiments en Martinique car il a continué d'être utilisé illégalement jusque dans les années 2002/2007 pour écouler les stocks restants... avec la bénédiction des autorités...

Mais revenons à l'étude de cette semaine.
La première étape de cette démarche est l'étude de la population exposée. En effet, tous les habitants de la Martinique n'ont pas les mêmes risques ni les même niveaux d'exposition. La proximité environnementale est la première piste, mais l'étude des comportements alimentaires en est une autre, afin d'estimer au mieux les niveaux d'exposition.
Les niveaux de contamination par aliment ont ensuite été mesurés. Tous les végétaux ne sont pas égaux face au chlordécone.
Un croisement de ces données avec une étude des sols contaminés est ensuite faite pour affiner les risques et le niveaux d'exposition.
Une autre étude est également présentée sur la répartition géographique des cas de cancer pouvant être liés à la pollution des sols par le chlordécone.

La conclusion de cette série d'articles est relativement simple et confirme les hypothèses précédentes (dont les premières datent quand même de 1977) : "Le problème est suffisamment compris pour agir immédiatement".

Schématiquement : présence de chlordécone = augmentation du nombre de cancers. 
Bien sûr, comme c'est un sujet sensible et que les conclusions ne sont jamais aussi évidentes, c'est dit autrement :
"Tout en gardant à l’esprit les limites intrinsèques d’une étude cas-témoin et la non-reproductibilité de la présente étude, les résultats et conclusions apportent quelques éléments en faveur d’une association causale entre exposition au chlordécone et survenue d’un cancer de la prostate.
Sans pour autant apporter de preuves formelles, ce que rarement une étude épidémiologique peut fournir, les conclusions de l’étude Karuprostate doivent inciter les autorités sanitaires à prendre toutes les mesures utiles destinées à protéger les populations, en particulier celle de la réduction des expositions."

Suivent ensuite diverses propositions de mesures à prendre, destinées aux autorités.

Bref, un document très intéressant. A lire. 

jeudi 20 janvier 2011

Mémoire, Travail de Fin d'Etude (TFE) et autres joyeusetés...

Bon. Que les choses soient claires. J'écris sous la contrainte.

D'abords, par ce que lundi j'ai un partiel sur les processus obstructifs (UE2.8.S3 pour ceux qui veulent des détails techniques) et que, comme d'habitude, j'ai l'impression d'avoir tout oublié. Ensuite, par ce que ce que je m'apprête à vous révéler n'est absolument pas un scoop puisque c'est inscrit dans les textes officiels depuis aout 2009 (là, ça devrait vous mettre sur la voie), et que, par conséquent, j'ai autre chose à faire que de vous expliquer ce que vous devriez déjà savoir !
Aigri, moi ? Meuuuh non.... 

C'est juste que depuis quelques temps, je suis la risée de certains(es) de mes camarades de classe par ce que je suis en train de réfléchir (ha oui, c'est ça le bruit...) à mon sujet de mémoire de fin de troisième année... 

Évidemment, tout le monde (enfin presque) s'imagine qu'il n'y a plus de mémoire (avant, ils l'appelaient TFE pour Travail de Fin d'Etude) depuis la nouvelle réforme des études de 2009. Kolossale erreur !!!!
Hé ben oui ! Réjouissez vous ! Haut les cœurs ! Le mémoire est toujours là. Et je le prouve.

Explication de texte.
Prenez, au hasard, le journal officiel dans lequel est publié le texte de loi (que vous pouvez consultez ici). Il s'agit de l'Arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d'Etat d'infirmier. Bon. Cet arrêté énonce un certain nombre de choses, en particulier, le contenu de la nouvelle formation.
Tout est clairement découpé par semestre et les modalités d'évaluation sont explicitées. Par exemple dans l'annexe 5, page 44 du fichier (ou page 289 du BO), pour l'Unité d'Enseignement 1.1, du semestre 1 (début de première année, donc) noté UE1.1.S1, le thème principal est "Psychologie, sociologie, anthropologie". Ensuite, sont détaillés les différents contenus que l'étudiant (ha oui, on ne dit plus "élève"... On est à l'université, maintenant...) devra acquérir tout au long de cette UE. Enfin, le mode d'évaluation pour cette UE1.1.S1 est : "Travail écrit à partir d'un texte avec repérage des concepts utilisés par l'auteur". Bon. Comme vous le voyez, c'est limpide.
Hé ben figurez vous que pour le mémoire, c'est pareil !!!

Reprenez le fichier à la page 72 (ou le BO page 317). L'unité d'enseignement est : UE3.4.S4 (quatrième semestre, soit fin de deuxième année) "Initiation à la démarche de recherche"... Tiens tiens... A quoi ça pourrait bien servir ? Notez bien que cela apparait en fin de deuxième année... C'est pas un hasard !

Continuons page 73 (BO page 318). UE3.4.S6 (sixième semestre, soit fin de troisième et dernière année). C'est toujours l'UE3.4 donc c'est toujours "Initiation à la démarche de recherche" et là, les modalités d'évaluation sont : "Travail écrit, mémoire de fin d'études"...
Ha !! Mais !!! C'est pas moi qui l'ai inventé quand même !!
Et tout ça, on le sait depuis aout 2009 (et même avant puisque ça figurait déjà dans les avant projets du ministère).

Voilà, c'est dit. Je retourne à mes révisions.
Pour info, nous avons passé les évaluations de l'UE2.5.S3 (Processus infectieux) et de l'UE6.2.S3 (Anglais). Pas de pronostics.

vendredi 14 janvier 2011

Questions

Quel sujet trouver pour mon mémoire ?
Où travailler une fois diplômé ?
Est-ce que je vais assurer aux partiels de février ?
Combien de jours avant les vacances ?Qu'est ce qu'on va faire cet été ?
Pourquoi est-elle si lente, celle là ?
Est-ce que j'ai mis à jour le site ?
Quelle heure est-il ?
Combien d'étudiants de la promo seront diplômés ?
Comment seront ils accueillis par les professionnels en 2012 ?
Qui sera élu président ?
Est-ce que la fin du monde sera douloureuse ?
Et-ce qu'ils auront prévu des antalgiques ?
Y aura-t il des prescriptions médicales ?
Pourquoi les médecins écrivent-ils si mal ?
Est-ce que j'ai remis une cartouche d'encre neuve dans ma trousse ?
Est-ce que j'exercerai en libéral un jour ?
Est-ce que j'ai envoyé ma lettre au père Noël ?
Est-ce qu'il lui arrive que ses lutins soient en grève ?
Pourquoi je me pose des questions ?
Comment fait-elle pour dire des trucs aussi stupide ?
Elles sont plusieurs dans le même corps ?
Est-ce que j'aurai signé avant les vacances ?
...

dimanche 9 janvier 2011

Bonne année, y parait...

Bon, c'est la saison, c'est la mode et tout... alors bonne année. Voilà c'est fait.

En fait, cette période me gonfle souverainement. Tout le monde y va de son petit "meilleur vœux" hypocrite. Seuls quelques uns sont sincères et on sait les reconnaitre alors pourquoi s'embarrasser... Le top du mauvais gout c'est quand même le SMS ou le mail à une liste... Le truc impersonnel à mort. Alors bon. Voilà quoi.

Et si je vous parlais de la formation à l'IFSI de Fort-de-France, histoire de remonter un peu mon classement Google ? (Ouais par ce que 7ième, c'est un peu la loose...)
C'est vrai qu'on en pas parlé depuis un moment de cette formation... Qu'est-ce qu'elle devient alors ?
Bon, c'est vrai. J'étais un peu absent... La faute à plein de trucs.

D'abords, la faute au stage. Ben ouais. J'étais en stage en psy dans un CMP. Ca m'a un peu coupé l'envie d'écrire... Enfin, non. C'est pas tout à fait ça. Ca m'a donné l'envie d'écrire plein de trucs mais c'est des trucs que je ne peux pas publier... Alors bon. C'est dans un tiroir. Peut-être que quand je serai diplômé (si je suis un jour diplômé), je ressortirai tout ça...
Ensuite, la faute aux vacances... Par ce que en bon étudiant (poil aux dents) que je suis, je passe le plus clair de mon temps à ne rien faire aux frais de la société... Si si... c'est l'image que l'on a de nous en tout cas... Mais on s'en fout. Donc c'était les vacances, et là pour le coup, l'image a rejoint la réalité. J'ai profité des vacances pour ne rien faire. J'ai bien écrit un peu dans mon journal de bord mais pas pour ce blog... Désolé.

Donc, le stage est terminé, les vacances aussi, on va enfin pouvoir revenir aux choses essentielles : dire du mal des autres...
Ca fait une semaine qu'on a repris le chemin des cours. Ca fait drôle mais c'est pas désagréable. On retrouve les copines, les formateurs, les profs (enfin, quand ils viennent... Par ce que là aussi, on reprend les habitudes des cours annulés...).
On attaque aussi la série de partiels. Heureusement cette année, ils ne sont pas tous regroupés en une seule session. Ils sont étalés. Nous en avons deux la semaine prochaine, puis trois autres dans trois semaines et encore trois autres en février... C'est moins stressant.

Je ne vais pas revenir sur le manque de respect de pas mal d'étudiants de cette promo, c'est déjà fait et ça ne changera rien.

Ben voilà. Du coup, pas grand chose de plus à raconter. Je buche sur les processus infectieux pour le partiels de demain en espérant que ça ira...

vendredi 3 décembre 2010

Tout le monde ment...

Je viens de finir de regarder la saison 6 de House.
Ce personnage étonnant avait pour habitude dans les premières saisons de toujours mettre en doute la parole des patients au point d'avoir pour leitmotiv l'affirmation "Tout le monde ment !".

Depuis le mois d'octobre, je suis en stage en santé mentale.
J'ai été dans un service intra hospitalier et je suis actuellement en extra hospitalier. J'ai pu rencontrer un certain nombre de cas plus ou moins intéressants mais présentant tous, à quelques exceptions près, un penchant commun pour le mensonge. 
Évidemment, en santé mentale, on a tendance à voir des cas de mensonges pathologiques puisque certaines personnes sont dans le déni de leur troubles ou dans des phases hallucinatoires ou dans des délires magico-religieux ou que sais-je encore... 
D'autres, en revanche, sont parfaitement lucides et conscients de leur mensonges. Il mentent pour diverses raisons plus ou moins valables : par ce qu'ils ont fumés des toxiques, par exemple (cannabis, crack...), tout en sachant qu'ils risquent une rechute. Malheureusement pour eux, c'est très facile à dépister (un simple examen d'urine). Ils mentent aussi pour manipuler, pour faire plaisir au médecin, pour qu'on les laisse tranquille, pour mille et une raison.

Du coup, dans la prise en charge des patients, je perd un temps précieux. Je ne peux pas les croire sur parole quand ils me parlent d'évènements ou de choses réelles. Je suis obligé de tout vérifier, de croiser chaque information pour m'assurer de la vérité. Les sources sont diverses. Elle peuvent être : le dossier du patient (médical ou infirmier), la famille, les collègues infirmiers, les autres professionnels, les voisins éventuels (en visite à domicile).
Plus grave, j'ai aussi tendance à toujours tout mettre en doute.

Bref, j'en suis arrivé au point de dire moi aussi : Tout le monde ment !

lundi 29 novembre 2010

Allez hop !! Comme à l'entrainement !

Je mène une double vie. 
Je le confesse aujourd'hui devant vous, je ne m'intéresse pas uniquement à la profession d'infirmier. J'ai d'autres centres d'intérêts... Etant donné que ma petite psychothérapie personnelle avance plutôt pas mal (oui, c'est comme ça que je nomme mon auto analyse quotidienne...), j'ai décidé de faire mon "coming out" sur un sujet pour lequel le me suis longtemps demandé s'il avait sa place dans les pages de ce blog...
Et puis après tout, certains de mes collègues infirmiers/blogueurs ne se gênent pas pour mélanger les genres (voir en particulier cet excellent article) alors pourquoi pas moi...

Hé oui, le jour, je suis un sage et discipliné étudiant infirmier, mais la nuit je mets ma combinaison en latex (le plus dur c'est de trouver une cabine téléphonique pour me changer) et je vais sauver la veuve et l'orphelin...
Bon. Ok. J'ai pas de combinaison en latex...

En revanche, j'ai un beau T-Shirt orange estampillé "Les Sauveteurs en Mer" avec un beau logo de la SNSM devant (Société Nationale de Sauvetage en Mer). J'ai aussi une casquette bleue et d'autres trucs qui font partie de l'équipement de base.
Vous l'avez compris, je fais partie de la SNSM. Je suis équipier/infirmier (tout de suite, les grands mots...) sur la vedette de sauvetage "Commandant Nicole" basée à Fort-de-France. Bon. Et c'est à ce titre que je vais vous narrer l'intervention que nous avons effectués dimanche 21 novembre et qui m'a permise de mettre en pratique les rudiments de soutien psychologique qui m'ont étés enseignés à l'IFSI.

Ce dimanche 21 novembre, nous étions quelques membres de la SNSM, invités à une manifestation sur le sauvetage en mer, à présenter nos actions et à faire une démonstration avec deux des quatre bateaux de sauvetage de la Martinique. Tout se passait très bien et je faisais faire une dernière visite du bateau à un petit groupe quand un appel du centre de coordination des secours sur la radio de bord nous demande d'intervenir au sud du Diamant pour un bateau en train de couler avec quatre personnes à bord. J'interromps immédiatement la visite et débarque gentiment tous les visiteurs du bateau tout en sonnant le branle bas de combat pour que les collègues se pointent au triple galop...
Il est 16h20 quand nous quittons le quai des Anses d'Arlet où se tenait la manifestation.
Les indications que nous avons : un bateau bleu et blanc de 5m avec 4 personnes à bord présente une voie d'eau. Les occupants se sont équipés de leurs gilets de sauvetage. La position estimée les place à un demi mille au sud du rocher du Diamant.
Quelques minutes après le départ, le coordinateur des secours nous informe que le navire a complètement sombré. Les passagers sont à l'eau équipés de leurs gilets de sauvetage et attachés ensemble. L'un des occupants est équipé d'un téléphone portable avec lequel il a pu donné l'alerte. Après avoir obtenu le numéro, nous prenons contact avec lui directement. La communication est très difficile car ils sont paniqués et génés par la houle de 1m à 1m50 sur la zone. Néanmoins, nous parvenons à comprendre que la position estimée au départ est erronnée. Nous devons nous dérouter vers l'ouest. La tension est immense à bord car la zone de recherche est vaste et le soleil se couche. Nous savons tous à bord qu'après la nuit tombée il ne sera plus possible de poursuivre les recherches. Je perçois dans le ton de la voix de mon interlocuteur téléphonique naufragé qu'il est aussi conscient que nous de cet état de fait. Il a tendance à paniquer et je mets tout en œuvre pour essayer de le calmer. Mais la communication est très difficile. Il n'écoute pas vraiment et reste figé sur son discours décousu et haché. J'arrive néanmoins à comprendre qu'il ne veut pas que je raccroche. C'est son seul lien avec les secours. Ils sont loin au large. Ils voient encore la côte mais ne peuvent voir aucun bateau.
Après d'interminables minutes de vaines recherches, les naufragés nous annoncent (toujours grâce à leur téléphone) qu'ils aperçoivent un bateau dont le signalement correspond au notre mais que nous ne faisons pas route vers eux. A l'aide de leurs indications et de leur guidage, nous changeons de route. Je suis toujours au téléphone avec l'un d'entre eux, mais ça ne sert plus à rien. A partir du moment ou le bateau a fait route vers eux et qu'ils pouvaient enfin voir les secours arriver, ils sont devenus hystériques. Ils criaient, hurlaient et n'écoutaient plus le téléphone avec lequel je tentais vainement d'avoir des précisions de guidage car nous ne les voyions toujours pas...
Au bout de quelques minutes de stress intense, nous parvenons enfin à les localiser, en même temps qu'un hélicoptère dépéché sur place (c'est d'ailleurs depuis cet hélico que la photo ci contre a été prise). Après avoir enfilé nos brassières et jeté à l'eau deux lignes de vie, nous nous mettons à l'eau avec mon partenaire (qui n'est autre que délégué départemental adjoint de la SNSM, s'il vous plait...) pour aider à la récupération des quatre naufragés. Là encore, il a fallu gérer le stress des naufragés car autant ils étaient unis et accrochés ensemble pendant leur longue attente, autant ils sont passé en mode "sauve qui peut !" quand on s'est approché. Et là, le risque, c'est que le naufragé mette en danger le sauveteur en voulant s'agripper à lui, voire lui monter dessus... (ça c'est déjà vu...).
Il est 18h30 quand le dernier sauveteur remonte à bord. L'hélicoptère, qui était resté en soutien, regagne sa base. Les naufragés ne sont pas blessés. Pas d'hypothermie non plus après avoir passé plus de deux heures dans l'eau. Merci l'eau à 28°C de la mer des Caraïbes !!
La vedette fait route vers son port d'attache à Fort-de-France.
L'un des naufragés a présenté sur le retour des signes de choc émotionnel. J'ai donc essayé de lui faire verbaliser au maximum ses émotions. Essayé de lui faire comprendre qu'il n'avait pas à culpabiliser même si c'était un ressenti naturel sur le moment. Nous avons fait avec les trois autres naufragés une sorte de "defusing" (improvisé puisque je n'ai pas été formé pour, ni aucun membre d'équipage de la SNSM, malheureusement), comme le font les pompiers dans de tels cas, en leur permettant d'ordonner leurs pensées et de reprendre contact avec la réalité.

Vers 20h00, une fois l'intervention terminée, nous nous sommes retrouvés entre nous pour une séance entre le "defusing" et le "debriefing" afin que chaque sauveteur puisse verbaliser les émotions éprouvées pendant ce sauvetage tendu. Il est vrai que nous faisons des interventions de sauvetages régulièrement mais celle ci était particulièrement tendue émotionellement et nous ne sommes pas de marbre...
Nous avons aussi parlé technique afin de revoir les différentes phases du sauvetage, d'en analyser les défauts et proposer des ajustements pour l'avenir.

A la lumière de cette expérience unique (c'est pas tout les jours qu'on sauve la vie de quatre personnes...) je prends un peu plus conscience de l'ampleur de la tâche qui revient normalement aux cellules psychologiques mises en place dans des cas de traumatisme psychique.
Je déplore aussi que nous n'ayons pas de système d'orientation et de suivi des personnes secourues afin de s'assurer que, au delà du sauvetage, elles ne soient pas blessées psychiquement à plus long terme.
Mais bon. On est là aussi pour faire avancer le schmilblik, alors je vais faire des propositions en ce sens...

dimanche 28 novembre 2010

J'aime pas les gens

C'est un paradoxe qui me hante depuis bien longtemps. D'un côté j'ai l'impression de ne pas aimer les gens et leur compagnie, d'un autre côté j'ai choisi de changer de métier pour rechercher du contact et une plus grande richesse de relation à l'autre.
"Il débloque le pépère..." me direz vous, non sans une certaine justesse d'analyse.

Comme je suis un garçon curieux, je me suis penché sur cette question. Et je penses avoir trouvé un début de réponse, si ce n'est LA réponse.
J'ai eu ce déclic un matin de la semaine passée alors que j'assistais en spectateur à une discussion de type "machine à café" entre quatre personnes.
Ce qui m'a frappé, c'est la platitude et la pauvreté des propos. Les sujets tels les impôts ("on en paye trop..."), la taxe d'habitation ("elle a encore augmenté..."), les produits diététiques miracles ("tu devais essayer Schmoldur, ça fait une super peau..."), les problèmes de bagnoles ("moi, mon garagiste m'a dit de la pousser un peu pour décalaminer le pot, mais tu comprend avec les radars... Ha oui, les radars... C'est vraiment des pompes à fric... Et ils disent qu'ils veulent faire de la prévention... De toute façon, ils ont des quotats...")... Enfin, vous avez tous vécu ça, je suppose... : TOUT était creux et sans intérêt. Les intervenants de la discussions ne faisaient que débiter des idées souvent préconçues, déjà entendues et répétées des milliers de fois...

Le plus surprenant, c'est que ce sont des gens que je connais un peu et que sortis du groupe et pris individuellement ils sont intelligents, capables de raisonnement propre, d'opinions tranchées, d'humour, etc... A l'opposé de leur discours de groupe.

D'où une question : Les gens seuls (pris individuellement) sont ils plus intelligent qu'à plusieurs ?
Bizarrement, on a plutôt coutume de dire le contraire quand il s'agit de réaliser quelque chose de complexe.

Alors ça dépend du contexte ?
Possible. Peut-être qu'en groupe autour d'une discussion sans but ni enjeux, le cerveau se met en roue libre et n'est même plus capable de prendre le recul nécessaire à l'analyse de la situation présente.

Ou encore on peut y voir une volonté de chaque membre du groupe impliqué dans la discussion de se protéger des autres et de ne rien dévoiler de personnel. Les seules choses qui restent à dire sont les platitudes maintes fois répétées...

Toujours est-il que ça me fait souvent cette désagréable impression : j'aime pas les gens.
Mais maintenant que j'ai un début de piste, je peux modifier ma proposition : j'aime pas les gens, mais j'aime les individus.

samedi 27 novembre 2010

Aujourd'hui, je choque...

Etant donné que Yann me pousse gentiment au sujet d'une promesse d'article dont il fut l'inspirateur involontaire (grâce à cet excellent billet) et que mon stage ennuyeux  merveilleux dans un CMP me laisse pas mal de temps libre pour la réflexion, je me suis dit que j'allais enfin écrire la note politiquement incorrecte qui me turlupine depuis un moment. Alors je prends mon petit calepin et mon petit stylo 4 couleur typique de la profession et je me lance.
Ha oui ! Je précise que le contenu de cette note peut choquer les âmes sensibles ou ayant eu une histoire compliquée puisque l'on va évoquer la mort des bébés et des enfants. C'est dit, si vous ne le sentez pas, n'allez pas plus loin et allez plutôt visiter ce site, qui devrait mieux vous convenir.

Pour ceux qui sont restés, n'allez pas imaginer des révélations extraordinaires sur une nécrophilie refoulée ou les vrais coupables de l'affaire Grégory... Rien de tout ça. Je vais même être sérieux.
Il faut avant tout se rappeler que dans notre société occidentale individualiste, nous avons un rapport à l'autre qui est sensiblement différent de la vision asiatique (ou africaine) de la vie en communauté. Et je trouve que le fait le plus marquant dans cette différence, c'est notre relation affective aux jeunes et aux ainés. (Je reviens de suite, faut j'aille faire une intra-musculaire à un patient...)

Notre société occidentale rejette ses anciens et adule la jeunesse. On fait tout (et n'importe quoi) pour surprotéger les enfants. La mort d'un bébé ou d'un jeune enfant est vécue comme une tragédie injuste pour la seule raison qu'un enfant est innocent. Alors, bien sûr, je ne conteste pas le fait que la mort d'un enfant (comme celle de n'importe qui d'autre) est toujours un malheur. Ce qui me gène, c'est le fait de mettre "plus de chagrin" pour la mort d'un enfant que pour celle d'un ancien ou même d'un adulte. Pour en enfant, on dira : "il était innocent, il avait la vie devant lui... etc.". Mais pour un vieux, on va dire "c'était son heure, il a bien vécu, c'est mieux comme ça...". Je trouve ça indécent, en fait...
C'est la que j'en viens à la vision des asiatiques (et aussi de certaines peuplades africaines) de la société et de la place de chacun au sein de celle ci.

Un proverbe africain (Côte-d'Ivoire) exprime d'ailleurs très bien le gouffre qui sépare nos visions de la vie en communauté. Voici ce qu'il dit : "Un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle."
Personnellement, je souscris beaucoup plus volontiers à cette doctrine qu'à la vision occidentale.
La mort d'une personne âgée, c'est la perte de sa mémoire, de son passé, de son expérience, de son savoir faire, de toute sa vie. Autant de savoir et de connaissances perdues pour la société.
Bien sûr, la mort d'un enfant est un évènement triste et insupportable pour la famille par ce qu'il n'est pas normal pour un parent de perdre son enfant. Mais d'un point de vue sociétal, la perte est mince : il y a peu de savoir et d'expérience à transmettre aux autres membres de la communauté. Certains me rétorqueront que c'est un potentiel qui disparait. Certes. Mais le potentiel, si fort soit il, n'est rien de plus qu'un pari sur l'avenir... une hypothèse. En revanche, la perte des connaissances consécutive à la mort d'un ancien est bien réelle. Concrète. Froide.

Cette différence de vision entre nos sociétés (asiatique et occidentale, pour ceux qui ont somnolé dans le fond...) est à mon sens le résultat de l'évolution socioculturelle qui a mené la société occidentale à s'appuyer sur l'individualisme pour se développer. C'est même le principal fondement de la société capitaliste d'aujourd'hui. Cela à conduit à se désintéresser de "l'autre" (au sens d'autrui) et donc de se détourner de ce que l'autre peut apporter à soi même : si je ne m'intéresse pas à ce que peut m'apporter la sagesse la connaissance et l'expérience d'un ancien, comment puis je déplorer sa disparition (en dehors de tout rapport affectif personnel) ?

Et si je poussais un peu plus loin la schématisation ? Je vais évoquer la cigale et la fourmi, tiens...
La société des fourmis est très structurée et la communauté prime sur l'individu. Chaque individu est d'ailleurs prêt (conditionné ?) à donner sa vie pour le bien de la communauté. C'est aussi vrai des termites, des abeilles ou d'autres insectes vivants en colonies. Le modèle de société asiatique est (ou était car l'occidentalisation rampante tend à modifier les repères socioculturels) comparable, à mon avis, à la société élaboré par les insectes communautaires dans son aspect fondamental : le bien de la communauté.

C'est pour ces raisons que j'ai tendance à avoir moins de regrets à la perte d'un enfant que celle d'un vieillard...

Maintenant, je vais enfiler un tricot en côte de mailles, vous pouvez balancer vos attaques...

mardi 23 novembre 2010

Cuvée 2010

Ca y est !
Les résultats sont tombés. Ceux des "troisième année", bien sûr, pas les notres.
Ils ont été affichés la semaine dernière et le résultat, c'est qu'il y a 58 reçus cette année.
Donc 58 nouveaux infirmiers(ères) sur le marché...
Sur un total de 70 prétendants, 12 ont échoués. Soit un taux de réussite de 82,8%...